Souvenir...

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lundi 12 mai 2014

Paganini et Rachmaninov

Dimanche, Descharmes va nous jouer la Rhapsodie sur un thème de Paganin de Rachmaninov, avec l'Orchestre National d'Île de France.

Pièce de virtuose, sèche, je me voyait condamnée à l'admiration devant l'étincelant jeu du dernier des romantiques aux grandes mains russes.

Pour m'y préparer, je touche à un nouveau disque culte de ma discothèque : La Rhapsodie par Vladimir Ashkenazy, avec André Previn qui dirige la London Symphony Orchestra.

Et là, surprise. Oui, il y a un aspect d'écoute facile et de séduction du grand public. Nous tous pouvons écouter avec plaisir et applaudir des deux mains et deux pieds les éclats du jeu de Volodya. Ca nous prend immédiatmenet, spontanément, rhapsodiquement - comme de définition.

Mais cela va bien au delà. Non encombré par le thème - là, défini, brillant, un tube interstellaire que nous connaissons depuis la tendre enfance - Rachmaninov se concentre entièrement sur le caractère et le sentiment. Les premières variations sont comme l'Allegro d'un concerto. Les dernières comme la coda. Je m'émerveille surtout sur celles du milieu - la grande tristesse de l'âme russe, des airs de marche funèbre et parfois des tons de blues... Cela pourrait être maniéré si c n'était sincère et senti, joué droit au coeur et sans fioriture par Ashkenazy, sobre au possible.

Je suis tombée amoureuse. Je sais, c'est un peu honteux, mais le désuet, le ringard, le rétrograde Rachmaninov me fait souvent cet effet.

Il y a deux ans, sur le lac des Quatre Cantons avec mes vieux parents, je ne savais pas passer près de la villa Senar, où Sergueï et Natalia Rachmaninov ont passé les années '30 - et où cette pièce époustouflante a vu le jour.

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