Souvenir...

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vendredi 23 mai 2014

Les sonates de Haydn

Semaine très remplie avec peu de musique.

Le soir, cependant, après le bruit de la journée, de la ville, et de la télévision... une sonate de Haydn. Mon bon vieux, celui que peu écoutent aujourd'hui et qu'on peine à avoir dans une salle de concert parisienne.

Que voulez-vous, petite fourmis méthodique, j'aime ses formes articulées et bien posées dans les différentes tonalités.

Mais ce qui me frappe est surtout la variété. Enorme. Dans le même sonate, les différentes humeurs de l'humor à la douleur se succèdent bien nettement. Et au cours de sa longue vie, de la Une à la Soixante-deux : quel changement !

Le sort a fait que beaucoup de nos compositeurs soient morts jeunes. Pas Joseph. Papa, comme l'appelaient ses amis et élèves dont Mozart. Né quand le dix-huitième était encore jeune, du vivant de Jean Sébastien, Domenico et Jean-Philippe - il a le temps de voir la première décennie du dix-neuvième en toute gloire. Tout juste le temps de détester Napoléon et d'écrire des messes pour Nelson - ou d'aller à Londres - sans pour autant jouir de Waterloo.Il sera parti quelques années plus tôt.

Et voilà, ses sonates très différentes. Du Scarlatti élégant au début, mais en forme sonate par CPE Bach. De l'Empfinsamkeit fo-folle, de coup de larmes en coup de joie, en un deuxième temps. Au style galant - certains n'aiment pas, j'adore - élégant et savant. Pour finir avec du Beethoven tout cuit. La 62 est étonnante. Une sonate "héroique" avant l'heure.

Haydn était un homme gai. Ses temps rapides sont pleins d'énergies - il est plus connus pour eux que pour ses temps lents. J'aime pourtant plusieurs pages d'adagio ou lento, ceux d'un homme chaleureux qui a pu connaître ou reconnaître chez d'autres la douleur.

Une anecdote entre autres me rend l'homme particulièrement sympathique. Le prince de Prusse lui commande des quatuors une deuxième fois, après avoir reçu un premier ensemble. Haydn sait que Mozart est en difficultés économiques à ce moment, et le recommande chaudement au Prince... qui passe sa commande, et son argent, à Amadeus plutôt qu'à Joesph. Chic type !

Trois pianistes et quatre disques dans ma discothèque. Anne Queffélec, qui m'a ravie dans la 62. Sviatoslav Richter dans des sonates juvéniles d'une très grande finesse. ET maintenant Jean-Efflam Bavouzet, entre Sturm und Drang et style galant.

jeudi 8 mai 2014

Haydn et la Musique Sacrée

Haydn a eu quelques projecteurs médiatiques sur lui récemment : Un Matin des Musiciens pour une de ses sonates au piano et un Plaisir du Quatuor. C'est rare. Même, le Plaisir s'interroge : Est-ce que Haydn est rasoir - pour répondre par la négative évidemment. Cet auteur semble toujours poser problème aux auditeurs modernes, qui sait pourquoi, effet de mode peut-être.

Or cette semaine j'ai fait une immersion dans les commandes de Musique Sacrée de Haydn. Quatre messes dirigées par Harnoncourt - en boucle dans le train pour Anvers, la Nelson et la Pauken notamment - et aujourd'hui avec un peu plud d'attention les Sept Dernières Paroles du Christ.

Commande espagnole de 1786 celle-ci, destinée à être jouée à Cadix intercalée avec les textes de la passion. C'est le tremblement de terre qui suit la mort de Jésus qui clôt l'oeuvre.

C'est la version pour orchestre que j'écoute, dirigée par Jordi Savall - qui de son accent catalan lit les beaux textes de l'évangile entre pièce et autre.

C'est la caractère des ces pièces de circonstance qui me frappe. Très digne, très élégant, un regard intérieur sur les événements dramatiques - et pourtant pas de pathos, certainement pas de désespoir. Il y a beaucoup de com-passion, de respect et empathie pour la douleur, mais c'est une compassion toute humaine et comme consciente que ce qui se passe n'est que ce qui doit se dérouler. Il le faut. Cela se fera. C'est accepté. C'est un regard beau, car la beauté est au delà de l'horreur. Il est beau de contempler la divinité.

Je sens les instruments du Concert des Nations comme un épais velours de vert et de violet, comme les parcs sous la pluie que nous avoyons aujourd'hui en promenade. Une odeur du bois des églises de mon enfance. Le rythme est carré, la marche inévitable des événements, le déroulement des thèmes d'une grande élégance. Cette passion ne traîne pas dans la boue d'un Pasolini. Ce n'est pas pour autant un exercice de style pour honorer la commande - le sentiment est profond. Le texte est important, la musique dit les mots sans les énoncer.

Haynd en main aux baroqueux ? Car ce sont souvent eux qui, comme Savall, ne snobent pas le vieux Haydn et lui donnent toute sa fraîcheur.



samedi 26 avril 2014

Haydn le négligé

Je trouve qu'on ne parle pas beaucoup de Haydn. Pas un Matin des Musiciens, pas un programme à Pleyel, TCE, ou Châtelet. Deux exceptions médiatiques à ma connaissance sont Zyegel, qui a tiré une belle émission de la symphonie Surprise, et Stéphane Goldet et son Plaisir du Quatuor sur France Musique. Ils'ont appris combien Haydn a inventé la musique instrumentale que nous écoutons sur plusieurs décades d'activité industrieuse.

Or c'est dommage, parce que j'aime. C'est de la musique qui me donne la pêche, grâce à ses lumières franches et à ses rythmes entraînants. La structure me rassure aussi, moi petit fourmi qui aime les plans et les formes géométriques. Mais Haydn est plus gai que moi - et cela me plaît bien.

Chez Mélomania, qui a le grand mérite de proposer un catalogue de CDs riche et de grande qualité à bas prix, j'ai pris le risque d'acheter sans connaître le disque que Halstead et la Hanover Band ont enregistré en 1989. C'était une black box, plus la curiosité d'écouter une des rares oeuvres concertantes de cet auteur. Aussi, la présence d'une composition du frère de Joseph, Michael, me semblait intéressante.

A l'écoute, il y a une chose qui me dérange : Ces instruments d'époque, et notamment le cor naturel, manquent vraiment de précision. Je conçois bien que la virtuosité de Halstead pour maîtriser son instrument sans piston doit être extrême - surtout sur les notes graves et les passages rapides et ornementés - mais cela gêne tout de même l'oreille moderne. Les cordes de la Band flirtent aussi avec les approximations.

Mais d'un autre côté, les timbres sont très beaux. Le cor a vraiment cette patine lointaine que plus tard les Romantiques ont repris - Brahms me semble-t-il - et il est très intéressant de les faire jouer les uns avec les autres. Le contraste est fort et donne beaucoup de relief aux dialogues des thèmes. L'impression est vraiment celle de conversations animées.

Je découvre aussi un peu le Haydn jeune, qui est encore moins populaire que celui de la maturité. C'est une musique élégante, faite pour plaire et séduire. Je lis dans mon bon Tranchefort que les circonstances de vie au début des ces années soixante expliquent un peu de la composition : La présence de deux bons joueurs de cor dans l'orchestre Esterazy, que Haydn commence à diriger en 1761. La naissance de l'enfant d'un d'entre eux, qui explique peut-être la composition du concerto en 1762. Et l'écoute des fanfare de chasse à la coure du Prince, qui se ressent dans la Symphonie 31 "Appel de cors".

Allez, une pièce à retenir : l'Adagio du Concerto. Il me rappelle certains Adagio's de Bach - qui n'était mort que 12 ans plus tôt... presque un contemporain - et le tempos assez rapide choisi par Roy Goodman me semble très bien servir le chant du cor sur plusieurs mesures.