Le Tranchefort dit carrément : allez voir ailleurs pour commencer, la quatrième ou la septième, revenez plus tard, la cinquième est trop. Trop tout court : grande, grosse, intimidante. Et puis c'est l'esprit religieux, alors... Le fervent Bruckner, le catholique pieux, la grenouille de bénitier. Enfant de choeur, choriste et organiste enterré derrière ses orgues à Sankt Florian.
J'ai osé. Autant les souvenirs de la quatrième m'emmène chez les chevaliers et les dames, genre place Alexandre Dumas (s'appelle-t-elle comme cela) métro Malesherbes. Les bâtiments néogothiques de la Banque de France tout autour et les statues des Dumas au milieu - d'Artagnan et la Dame aux Caméliias en prime.Autant cette cinquième me ramène tout droit à mes montagnes et leurs sanctuaires. Différents de l'Autriche proche, et pourtant apparentés. Les visites chez les voisins suisses ou tyrolien et leurs grandes abbayes avec mon père et ma mère.
Car enfin pour moi le catholicisme et l'esprit religieux de cette cinquième mystique n'ont pas grand chose d'Ignace de Loyole, habit de bure et auto-flagellation. C'est, dans mon enfance, l'émerveillement face à la nature verticale des Alpes et le folklore des dames paysannes, écorchant des cantiques de mauvais goût en procession. Et ces églises et abbayes de la contre-réforme qui parsèment ma région autant que le Tyrol. Pas la Suisse, mais c'est une autre histoire.
Alors, si on parle des émotions que je ressens en écoutant ceci, c'est l'émerveillement face à la nature et à ses lumières théâtrales, et les échos des messes campagnardes peuplées de paysans bigots - mais sympathiques aussi.
Du premier mouvement, le pizzicato dans les basses en introduction et plus tard sur le troisième thème me saisit. Exactement ce qu'on fait lorsqu' enfant on retiens le souffle et dis sa prière le soir. Du second l'air populaire au hautbois - les belles mélodies de Bruckner... - comme un chant de la campagne, alterné à l'hymne religieux. Le troisième temps est plus lointain de moi, ne peut être qu'un scherzo autrichien. Je suis toujours un peu d'attention lasse lorsque le scherzo arrive. Le quatrième... le résumé de tout ce qui précède. Et dans tout cela des images lumineuses qui se suivent l'une l'autre, un éclair de brumes qui montent du fond de la vallée le matin ou de soleil qui pece les nuages. La seule prière qui me soit restée, mécréante parisienne qui ne fréquente plus l'église.
C'est mon seul disque de Eugen Bochum. Le beau Concertgebouw, où tout est soyeux est noble - même les cuivres ont une douceur de cordes.
J'ai osé. Autant les souvenirs de la quatrième m'emmène chez les chevaliers et les dames, genre place Alexandre Dumas (s'appelle-t-elle comme cela) métro Malesherbes. Les bâtiments néogothiques de la Banque de France tout autour et les statues des Dumas au milieu - d'Artagnan et la Dame aux Caméliias en prime.Autant cette cinquième me ramène tout droit à mes montagnes et leurs sanctuaires. Différents de l'Autriche proche, et pourtant apparentés. Les visites chez les voisins suisses ou tyrolien et leurs grandes abbayes avec mon père et ma mère.
Car enfin pour moi le catholicisme et l'esprit religieux de cette cinquième mystique n'ont pas grand chose d'Ignace de Loyole, habit de bure et auto-flagellation. C'est, dans mon enfance, l'émerveillement face à la nature verticale des Alpes et le folklore des dames paysannes, écorchant des cantiques de mauvais goût en procession. Et ces églises et abbayes de la contre-réforme qui parsèment ma région autant que le Tyrol. Pas la Suisse, mais c'est une autre histoire.
Alors, si on parle des émotions que je ressens en écoutant ceci, c'est l'émerveillement face à la nature et à ses lumières théâtrales, et les échos des messes campagnardes peuplées de paysans bigots - mais sympathiques aussi.
Du premier mouvement, le pizzicato dans les basses en introduction et plus tard sur le troisième thème me saisit. Exactement ce qu'on fait lorsqu' enfant on retiens le souffle et dis sa prière le soir. Du second l'air populaire au hautbois - les belles mélodies de Bruckner... - comme un chant de la campagne, alterné à l'hymne religieux. Le troisième temps est plus lointain de moi, ne peut être qu'un scherzo autrichien. Je suis toujours un peu d'attention lasse lorsque le scherzo arrive. Le quatrième... le résumé de tout ce qui précède. Et dans tout cela des images lumineuses qui se suivent l'une l'autre, un éclair de brumes qui montent du fond de la vallée le matin ou de soleil qui pece les nuages. La seule prière qui me soit restée, mécréante parisienne qui ne fréquente plus l'église.
C'est mon seul disque de Eugen Bochum. Le beau Concertgebouw, où tout est soyeux est noble - même les cuivres ont une douceur de cordes.
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