Souvenir...

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dimanche 20 juillet 2014

Messiaen Milhaud...

Le hasard des émissions de France Culture m'ont fait mettre les deux M's sacrés du vingtième siècle l'un après l'autre.

M's sacrés et pourtant pas trop. Car ils sont si peu programmés en salle. Leur sort s'inscrit dans ce moment de l'histoire, peut-être, où les compositeurs se sont peu à peu effacés dans l'imaginaire des gens : Langue savante que le commun des auditeurs ne connaît ni ne partage --- ce n'est pas celle qu'on apprend au solfège ou dans la chorale paroissiale ---, naissance du disque populaire en parallèle, publique averti détourné vers le jazz.... Ravel et Debussy, Strauss et Wagner auront été les dernières stars populaires. Dutilleux a pu décéder l'an dernier dans l'indifférence générale.

Stars pourtant. Plus faciles d'écoute que la très cérébrale second école de Vienne, malgré les dogmes Bouleziens --- raus les vieux franchouillards, drein Berg et Webern... encore plus vieux l'avons-nous jamais dit, et peut-être moins créatifs. Qui sait qui fait que la dodécaphonie s'est affirmée après la second guerre mondiale comme la seule chose qui vaille dans le panorama contemporain.

Je me suis attachée à Messiaen grâce à Darrien, de France Musique, qui par deux fois en a fait son pain lors du Matin des Musiciens. Avec Maire Vemeulen --- en filiation directe su maître via Roger Muraro --- la jeune femme a illustré les Petites Esquisses d'oiseaux et les Vingt regards sur l'Enfant Jésus. Il paraît que ces élèves accouraient aux leçons d'analyse de Messiaen, quitte à moquer ses bizarreries depuis le mysticisme jusqu'à l'amour des moneaux et autres rossignols.  Messiaen écrit en modes, il n'est pas fan de la dodécaphonie, et ne se gêne pas pour écrire quelques pages tonales si cela lui chante.

J'ai donc les Préludes et les Petites Esquisses par Vermeulen, et les Vingt Regards par Muraro. Je les écoute petit à petit, sans négliger les explications du maître même qui éclaire une matière complexe.

Milhaud, franchement, c'est plus facile, plus exubérant. Il ne s'embarrasse pas de snobisme pour puiser dans le folklore, dans les marimbas brésiliennes comme dans le jazz entre deux guerres. Secrétaire de Claudel, il le suit en ambassade au Brésil, puis écrit le Boeuf sur le Toit sur un sujet de Cocteau. Sa suite française date de 1944, l'année des Vingt Regards de Messiaen. A-t-on oublié cette année de fin de guerre --- Milhaud encore en exile en Amérique, Messiane mal vu par les pétainistes.

J'ai un très bel enregistrement de la Bayerische Rundunk avec Celibidache avec son concerto pour marimba --- délicieux ! --- et sa suite française. Un bel Alexandre Tharaude avec Saudades do Brail en piano --- et la Muse ménagère, et autre.

Découverte récente, à ré-écouter encore et encore --- un monde imaginaire et spirituel riche dont je ne vois que le début après des longues années d'ignorance.

lundi 12 mai 2014

Paganini et Rachmaninov

Dimanche, Descharmes va nous jouer la Rhapsodie sur un thème de Paganin de Rachmaninov, avec l'Orchestre National d'Île de France.

Pièce de virtuose, sèche, je me voyait condamnée à l'admiration devant l'étincelant jeu du dernier des romantiques aux grandes mains russes.

Pour m'y préparer, je touche à un nouveau disque culte de ma discothèque : La Rhapsodie par Vladimir Ashkenazy, avec André Previn qui dirige la London Symphony Orchestra.

Et là, surprise. Oui, il y a un aspect d'écoute facile et de séduction du grand public. Nous tous pouvons écouter avec plaisir et applaudir des deux mains et deux pieds les éclats du jeu de Volodya. Ca nous prend immédiatmenet, spontanément, rhapsodiquement - comme de définition.

Mais cela va bien au delà. Non encombré par le thème - là, défini, brillant, un tube interstellaire que nous connaissons depuis la tendre enfance - Rachmaninov se concentre entièrement sur le caractère et le sentiment. Les premières variations sont comme l'Allegro d'un concerto. Les dernières comme la coda. Je m'émerveille surtout sur celles du milieu - la grande tristesse de l'âme russe, des airs de marche funèbre et parfois des tons de blues... Cela pourrait être maniéré si c n'était sincère et senti, joué droit au coeur et sans fioriture par Ashkenazy, sobre au possible.

Je suis tombée amoureuse. Je sais, c'est un peu honteux, mais le désuet, le ringard, le rétrograde Rachmaninov me fait souvent cet effet.

Il y a deux ans, sur le lac des Quatre Cantons avec mes vieux parents, je ne savais pas passer près de la villa Senar, où Sergueï et Natalia Rachmaninov ont passé les années '30 - et où cette pièce époustouflante a vu le jour.

samedi 26 avril 2014

Haydn le négligé

Je trouve qu'on ne parle pas beaucoup de Haydn. Pas un Matin des Musiciens, pas un programme à Pleyel, TCE, ou Châtelet. Deux exceptions médiatiques à ma connaissance sont Zyegel, qui a tiré une belle émission de la symphonie Surprise, et Stéphane Goldet et son Plaisir du Quatuor sur France Musique. Ils'ont appris combien Haydn a inventé la musique instrumentale que nous écoutons sur plusieurs décades d'activité industrieuse.

Or c'est dommage, parce que j'aime. C'est de la musique qui me donne la pêche, grâce à ses lumières franches et à ses rythmes entraînants. La structure me rassure aussi, moi petit fourmi qui aime les plans et les formes géométriques. Mais Haydn est plus gai que moi - et cela me plaît bien.

Chez Mélomania, qui a le grand mérite de proposer un catalogue de CDs riche et de grande qualité à bas prix, j'ai pris le risque d'acheter sans connaître le disque que Halstead et la Hanover Band ont enregistré en 1989. C'était une black box, plus la curiosité d'écouter une des rares oeuvres concertantes de cet auteur. Aussi, la présence d'une composition du frère de Joseph, Michael, me semblait intéressante.

A l'écoute, il y a une chose qui me dérange : Ces instruments d'époque, et notamment le cor naturel, manquent vraiment de précision. Je conçois bien que la virtuosité de Halstead pour maîtriser son instrument sans piston doit être extrême - surtout sur les notes graves et les passages rapides et ornementés - mais cela gêne tout de même l'oreille moderne. Les cordes de la Band flirtent aussi avec les approximations.

Mais d'un autre côté, les timbres sont très beaux. Le cor a vraiment cette patine lointaine que plus tard les Romantiques ont repris - Brahms me semble-t-il - et il est très intéressant de les faire jouer les uns avec les autres. Le contraste est fort et donne beaucoup de relief aux dialogues des thèmes. L'impression est vraiment celle de conversations animées.

Je découvre aussi un peu le Haydn jeune, qui est encore moins populaire que celui de la maturité. C'est une musique élégante, faite pour plaire et séduire. Je lis dans mon bon Tranchefort que les circonstances de vie au début des ces années soixante expliquent un peu de la composition : La présence de deux bons joueurs de cor dans l'orchestre Esterazy, que Haydn commence à diriger en 1761. La naissance de l'enfant d'un d'entre eux, qui explique peut-être la composition du concerto en 1762. Et l'écoute des fanfare de chasse à la coure du Prince, qui se ressent dans la Symphonie 31 "Appel de cors".

Allez, une pièce à retenir : l'Adagio du Concerto. Il me rappelle certains Adagio's de Bach - qui n'était mort que 12 ans plus tôt... presque un contemporain - et le tempos assez rapide choisi par Roy Goodman me semble très bien servir le chant du cor sur plusieurs mesures.