Souvenir...

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jeudi 8 mai 2014

Haydn et la Musique Sacrée

Haydn a eu quelques projecteurs médiatiques sur lui récemment : Un Matin des Musiciens pour une de ses sonates au piano et un Plaisir du Quatuor. C'est rare. Même, le Plaisir s'interroge : Est-ce que Haydn est rasoir - pour répondre par la négative évidemment. Cet auteur semble toujours poser problème aux auditeurs modernes, qui sait pourquoi, effet de mode peut-être.

Or cette semaine j'ai fait une immersion dans les commandes de Musique Sacrée de Haydn. Quatre messes dirigées par Harnoncourt - en boucle dans le train pour Anvers, la Nelson et la Pauken notamment - et aujourd'hui avec un peu plud d'attention les Sept Dernières Paroles du Christ.

Commande espagnole de 1786 celle-ci, destinée à être jouée à Cadix intercalée avec les textes de la passion. C'est le tremblement de terre qui suit la mort de Jésus qui clôt l'oeuvre.

C'est la version pour orchestre que j'écoute, dirigée par Jordi Savall - qui de son accent catalan lit les beaux textes de l'évangile entre pièce et autre.

C'est la caractère des ces pièces de circonstance qui me frappe. Très digne, très élégant, un regard intérieur sur les événements dramatiques - et pourtant pas de pathos, certainement pas de désespoir. Il y a beaucoup de com-passion, de respect et empathie pour la douleur, mais c'est une compassion toute humaine et comme consciente que ce qui se passe n'est que ce qui doit se dérouler. Il le faut. Cela se fera. C'est accepté. C'est un regard beau, car la beauté est au delà de l'horreur. Il est beau de contempler la divinité.

Je sens les instruments du Concert des Nations comme un épais velours de vert et de violet, comme les parcs sous la pluie que nous avoyons aujourd'hui en promenade. Une odeur du bois des églises de mon enfance. Le rythme est carré, la marche inévitable des événements, le déroulement des thèmes d'une grande élégance. Cette passion ne traîne pas dans la boue d'un Pasolini. Ce n'est pas pour autant un exercice de style pour honorer la commande - le sentiment est profond. Le texte est important, la musique dit les mots sans les énoncer.

Haynd en main aux baroqueux ? Car ce sont souvent eux qui, comme Savall, ne snobent pas le vieux Haydn et lui donnent toute sa fraîcheur.



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