On se fait dans la tête des idées toutes faites.
Dans ma tête, la France a été haut lieu de musique de par ses cours. La Grande Musique lui a échappé au quinzième et seizième siècle, lorsque les Flamands et les Italiens ont créé. Louis XIII et Louis XIV ont, eux, attiré les talents et construit la plus belle musique que soit - l'Ecole Française opposé à l'Italienne. Couperin Rameau et toute la bande. Les étrangers venaient à Paris pour y trouver la gloire, Mozart Gluck y ont passé quelques bons moments sur les traces de Marie Antoinette et même Haydn en quête de gloire s'y fait publier les symphonies parisiennes. C'était une musique très sophistiquée, redécouverte à présent derrière des apparences très empesées et lourdes.
Mais la Révolution a tout emporté. Plus d'argent, plus de théâtres, les musiciens - domestiques se sont liquéfiés pendant que les Autrichiens et Allemands fondaient le style classique. La musique Romantique est germanophone.
Pendant ce temps le France se réorganise au dehors des cours, des invités presitgieux font leur nid à Paris - les Cherubini Spontini Paganini et Rossini, les Chopin et Liszt, les Meyerbeer - stars internationales au sens moderne qui trouvent leur succès dans les Grandes Salles et les Salons. C'est de l'immigration choisie et mondaine. Mais point d'école nationale. Il faudra le temps.
Après, il y a l'étoile isolée Berlioz, savoyard monté à Paris et énamouré de Weber et Beethoven.
Et ce ne sera qu'après 1850 qu'une école nationale se redéfinit, avec les rivaux Saint-Saëns et Franck à la barre et des épigones de génie se dégageant peu à peu jusqu'à l'éclosion des deux génies nationaux, Ravel et Debussy. Ceux-ci récoltent les fayots dans tous les médias. Ce sera ensuite l'école moderne et contemporaine - très prisée internationalement à ce jour.
Mais cette lecture toute en noir et blanc a fait sombrer dans l'oubli beaucoup d'auteurs qui, au contraire, ont continué d'écrire et jouer tout au long du dix-neuvième siècle pour un public très averti et désireux de retrouver les fastes du Grand Siècle. Paris était la ville vibrante d'argent et d'idées que nous ont léguée Louis-Philippe et Haussmann dans la pierre.
Mais qui sont ces musiciens oubliés ?
Je me laisse guider par les publications de Palazzetto Bru Zane. Un centre musical à Venise pour la redécouverte de la musique romantique française. Avant et autour des génies isolés cités, qui ne sont qu la pointe du iceberg selon l'institut. Ainsi Venise résonne aujourd'hui de Dubois, Gouvy, Alkan ou Ropartz - alors qu'ils ne trouvent pas de scène à Paris. C'est cocasse.
La mémoire brisée, parfois par les musiciens eux-mêmes - beaucoup de haine dans les écrits de Debussy, par exemple - est une chose qui me fascine. Retrouver le son du siècle, celui qui a façonné ma ville lorsque Paris rivalisait avec Londres et Berlin dans la science et la richesse.
J'enrichis ainsi ma discothèque de quelques titres suggéré par le Palazzetto, ou encore et plus discrètement par France Musique. Un Karine Deshayes avec du très beau Cherubini, mais encore Hérold. Et aujourd'hui un piano de Roussel par Armangaud.
Roussel, qui est cet homme ? Un homme du Nord, élève de l Schola Cantorum, qui eût pu être marin mais ne le fut pas. D'Indy - ce graphomane dont on n'écoute plus la musique - fut son maître. Roussel eut plus tard des élèvs célèbres, comme Satie ou Varèse.
Son piano est très rigoureux. On a l'impression des maîtres du contrepoint allemands, ne fût-ce que dans son Prélude et Fugue. Cependant, les harmonies sont plus riches et il peut y avoir des pages déroutantes sur la tonalité - je lis que la bi-tonalité l'a tenté. On ne sait pas toujours où est le centre et où l'équilibre va tomber. Le rythme surtout est d'un autre âge - syncopé, affirmé, j'ignore si Roussel aimait le jazz mais une once de Blues se glisse dans les accents faibles.
Se dégage l'impression. Tout court. On regarde en dedans, un espace intime s'ouvre où l'âme se déploie comme les vagues sur l'eau. Des lumières variée par touches dans un espace où le temps est suspendu.
Une parenté avec Debussy est claire, peut-être l'air du temps - on pourrait s'y tromper dans une écoute à l'aveugle. Mais Roussel glisse moins sur le clavier, me semble-t-il, c'est percussif comme chez un Thélonius Monk.
Voilà que cela part en boucle sur mon Bose...
Lien de référence http://www.bru-zane.com/?lang=fr
Dans ma tête, la France a été haut lieu de musique de par ses cours. La Grande Musique lui a échappé au quinzième et seizième siècle, lorsque les Flamands et les Italiens ont créé. Louis XIII et Louis XIV ont, eux, attiré les talents et construit la plus belle musique que soit - l'Ecole Française opposé à l'Italienne. Couperin Rameau et toute la bande. Les étrangers venaient à Paris pour y trouver la gloire, Mozart Gluck y ont passé quelques bons moments sur les traces de Marie Antoinette et même Haydn en quête de gloire s'y fait publier les symphonies parisiennes. C'était une musique très sophistiquée, redécouverte à présent derrière des apparences très empesées et lourdes.
Mais la Révolution a tout emporté. Plus d'argent, plus de théâtres, les musiciens - domestiques se sont liquéfiés pendant que les Autrichiens et Allemands fondaient le style classique. La musique Romantique est germanophone.
Pendant ce temps le France se réorganise au dehors des cours, des invités presitgieux font leur nid à Paris - les Cherubini Spontini Paganini et Rossini, les Chopin et Liszt, les Meyerbeer - stars internationales au sens moderne qui trouvent leur succès dans les Grandes Salles et les Salons. C'est de l'immigration choisie et mondaine. Mais point d'école nationale. Il faudra le temps.
Après, il y a l'étoile isolée Berlioz, savoyard monté à Paris et énamouré de Weber et Beethoven.
Et ce ne sera qu'après 1850 qu'une école nationale se redéfinit, avec les rivaux Saint-Saëns et Franck à la barre et des épigones de génie se dégageant peu à peu jusqu'à l'éclosion des deux génies nationaux, Ravel et Debussy. Ceux-ci récoltent les fayots dans tous les médias. Ce sera ensuite l'école moderne et contemporaine - très prisée internationalement à ce jour.
Mais cette lecture toute en noir et blanc a fait sombrer dans l'oubli beaucoup d'auteurs qui, au contraire, ont continué d'écrire et jouer tout au long du dix-neuvième siècle pour un public très averti et désireux de retrouver les fastes du Grand Siècle. Paris était la ville vibrante d'argent et d'idées que nous ont léguée Louis-Philippe et Haussmann dans la pierre.
Mais qui sont ces musiciens oubliés ?
Je me laisse guider par les publications de Palazzetto Bru Zane. Un centre musical à Venise pour la redécouverte de la musique romantique française. Avant et autour des génies isolés cités, qui ne sont qu la pointe du iceberg selon l'institut. Ainsi Venise résonne aujourd'hui de Dubois, Gouvy, Alkan ou Ropartz - alors qu'ils ne trouvent pas de scène à Paris. C'est cocasse.
La mémoire brisée, parfois par les musiciens eux-mêmes - beaucoup de haine dans les écrits de Debussy, par exemple - est une chose qui me fascine. Retrouver le son du siècle, celui qui a façonné ma ville lorsque Paris rivalisait avec Londres et Berlin dans la science et la richesse.
J'enrichis ainsi ma discothèque de quelques titres suggéré par le Palazzetto, ou encore et plus discrètement par France Musique. Un Karine Deshayes avec du très beau Cherubini, mais encore Hérold. Et aujourd'hui un piano de Roussel par Armangaud.
Roussel, qui est cet homme ? Un homme du Nord, élève de l Schola Cantorum, qui eût pu être marin mais ne le fut pas. D'Indy - ce graphomane dont on n'écoute plus la musique - fut son maître. Roussel eut plus tard des élèvs célèbres, comme Satie ou Varèse.
Son piano est très rigoureux. On a l'impression des maîtres du contrepoint allemands, ne fût-ce que dans son Prélude et Fugue. Cependant, les harmonies sont plus riches et il peut y avoir des pages déroutantes sur la tonalité - je lis que la bi-tonalité l'a tenté. On ne sait pas toujours où est le centre et où l'équilibre va tomber. Le rythme surtout est d'un autre âge - syncopé, affirmé, j'ignore si Roussel aimait le jazz mais une once de Blues se glisse dans les accents faibles.
Se dégage l'impression. Tout court. On regarde en dedans, un espace intime s'ouvre où l'âme se déploie comme les vagues sur l'eau. Des lumières variée par touches dans un espace où le temps est suspendu.
Une parenté avec Debussy est claire, peut-être l'air du temps - on pourrait s'y tromper dans une écoute à l'aveugle. Mais Roussel glisse moins sur le clavier, me semble-t-il, c'est percussif comme chez un Thélonius Monk.
Voilà que cela part en boucle sur mon Bose...
Lien de référence http://www.bru-zane.com/?lang=fr
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