Je commençais à fouiller du répertoire pour moi totalement inconnu il y a quelque temps :
http://micro-melo.blogspot.fr/2014/05/ces-francais-negliges.html
C'est celui de ces Français qu'on site parfois pour leurs écrits, mais qu'on n'écoute plus. Depuis quatre ans que je fréquente les salles parisiennes, par exemple, jamais n'ai-je vu Vincent d'Indy au programme.
J'en trouve la Symphonie cévenole par le bel Orchestre de la Suisse Romande. Marek Janowski à la baguette. Les Suisses seraient-ils plus attachés à cet homme de Valence, qui a beaucoup fréquenté le pays...
Or j'entends une symphonie bien agréable. D'instinct j'en ferais la musique d'un film western - le thème cévenol est singulièrement proche de certaine mélodie yankee jouée souvent à la flûte militaire.
Mais la musique de film peut être excellente. Et c'est une beau thème qui la domine. Une orchestration riche. Un développement savant. Les atmosphères changent comme le temps à la montagne - c'est de la musique de paysage, comme Mendelssohn a pu aussi en faire sur des paysages différents - l'Ecosse..
On va dire qu'à la deuxième écoute il devient obsédant et lasse un peu... surtout que la forme cyclique héritée de Franck est prise au pied de la lettre - on ne s'écarte pas de la rengaine plus de trois minutes dans chaque mouvement. Comme dans la musique de film...
Je ne vais pas faire ma Verdurin arrogante en snobant ce montagnard qui revendique sa province. Tous sont en admiration de Richard Strauss et sa villa à Garmisch. Il a écrit sa Symphonie Alpine quelques trente ans plus tard. Pourquoi souririons-nous de Vincent d'Indy, qui écrit se Cévenole en 1886 glanant un thème de la musique populaire. Moi surtout, montagnarde italienne extasiée par les atmosphères allemandes et autrichiennes - pourquoi serais-je insensible aux montagnes d'Ardèche.
Maintenant, cela reste descriptif, un peu répétitif. Mais pourquoi ne jamais la jouer à Paris...
Ayant parcouru quelques pages de ma bibliothèque et - mais oui! - la source honteuse de Wikipédia, je crois que d'Indy est tout de même victime de son idéologie, et de son histoire. Conservateur, voir réactionnaire, il s'inscrit rigoureusement dans les enseignement allemands classiques que son maître Franck, aussi, adorait. Bach. Beethoven. Mendelssohn. Wagner. Pas d'innovation. Et un esprit parfois cocardier, des soupçons d'antisémitisme... Cela n'est pas fait pour plaire à a postérité.
Pris au piège par Sedan, il est dans le paradoxe. Devenir cocardier, fonder l'Ars Gallica par sa Schola Cantorum. Et par ailleurs apprendre la contrepoint, l'harmonie et la construction d'une oeuvre des cousins Allemands - et en opposition aux facilités italianisantes de l'opéra français. Reconstruire l'école française, détruite par la Révolution - car c'était une école ecclésiastique et de cour, et les prêtres et le princes ont perdu leur argent et leur tête cent ans plus tôt... Mais donc quelle Ars Gallica.
Sur la musique, d'Indy s'est brisé les ailes face au génie novateur de Debussy. Ce n'est pas la même Oeuvre. On a posé un duel entre les deux - alors que plusieurs écrits témoignent d'une estime réciproque à bien des égards.
Sur la critique musicale, il a trop écrit d'une méchante plume. On critique aujourd'hui ses jugements tranchés et inévitablement datés qui parsèment des milliers des pages pondues par un érudit.
Mais sur l'Ars Gallica, soit sur la ré-création de l'école française, d'Indy a été incomparablement prolifique. Parmi ses collaborateurs, des savants - en musique sacrée, en musique ancienne, Wanda Landowska aura été son professeur de clavecin - car il n'était vraiment pas antisémite dans ses relations personnelles... ôtons les mauvais soupçons. Dans ses élèves : Le sommet de la composition moderne du pays - les Satie, les Milhaud, les Varèse... C'est une brochette que Debussy ne songera pas à avoir - cela ne l'intéressait pas - et n'aura d'ailleurs jamais.
http://micro-melo.blogspot.fr/2014/05/ces-francais-negliges.html
C'est celui de ces Français qu'on site parfois pour leurs écrits, mais qu'on n'écoute plus. Depuis quatre ans que je fréquente les salles parisiennes, par exemple, jamais n'ai-je vu Vincent d'Indy au programme.
J'en trouve la Symphonie cévenole par le bel Orchestre de la Suisse Romande. Marek Janowski à la baguette. Les Suisses seraient-ils plus attachés à cet homme de Valence, qui a beaucoup fréquenté le pays...
Or j'entends une symphonie bien agréable. D'instinct j'en ferais la musique d'un film western - le thème cévenol est singulièrement proche de certaine mélodie yankee jouée souvent à la flûte militaire.
Mais la musique de film peut être excellente. Et c'est une beau thème qui la domine. Une orchestration riche. Un développement savant. Les atmosphères changent comme le temps à la montagne - c'est de la musique de paysage, comme Mendelssohn a pu aussi en faire sur des paysages différents - l'Ecosse..
On va dire qu'à la deuxième écoute il devient obsédant et lasse un peu... surtout que la forme cyclique héritée de Franck est prise au pied de la lettre - on ne s'écarte pas de la rengaine plus de trois minutes dans chaque mouvement. Comme dans la musique de film...
Je ne vais pas faire ma Verdurin arrogante en snobant ce montagnard qui revendique sa province. Tous sont en admiration de Richard Strauss et sa villa à Garmisch. Il a écrit sa Symphonie Alpine quelques trente ans plus tard. Pourquoi souririons-nous de Vincent d'Indy, qui écrit se Cévenole en 1886 glanant un thème de la musique populaire. Moi surtout, montagnarde italienne extasiée par les atmosphères allemandes et autrichiennes - pourquoi serais-je insensible aux montagnes d'Ardèche.
Maintenant, cela reste descriptif, un peu répétitif. Mais pourquoi ne jamais la jouer à Paris...
Ayant parcouru quelques pages de ma bibliothèque et - mais oui! - la source honteuse de Wikipédia, je crois que d'Indy est tout de même victime de son idéologie, et de son histoire. Conservateur, voir réactionnaire, il s'inscrit rigoureusement dans les enseignement allemands classiques que son maître Franck, aussi, adorait. Bach. Beethoven. Mendelssohn. Wagner. Pas d'innovation. Et un esprit parfois cocardier, des soupçons d'antisémitisme... Cela n'est pas fait pour plaire à a postérité.
Pris au piège par Sedan, il est dans le paradoxe. Devenir cocardier, fonder l'Ars Gallica par sa Schola Cantorum. Et par ailleurs apprendre la contrepoint, l'harmonie et la construction d'une oeuvre des cousins Allemands - et en opposition aux facilités italianisantes de l'opéra français. Reconstruire l'école française, détruite par la Révolution - car c'était une école ecclésiastique et de cour, et les prêtres et le princes ont perdu leur argent et leur tête cent ans plus tôt... Mais donc quelle Ars Gallica.
Sur la musique, d'Indy s'est brisé les ailes face au génie novateur de Debussy. Ce n'est pas la même Oeuvre. On a posé un duel entre les deux - alors que plusieurs écrits témoignent d'une estime réciproque à bien des égards.
Sur la critique musicale, il a trop écrit d'une méchante plume. On critique aujourd'hui ses jugements tranchés et inévitablement datés qui parsèment des milliers des pages pondues par un érudit.
Mais sur l'Ars Gallica, soit sur la ré-création de l'école française, d'Indy a été incomparablement prolifique. Parmi ses collaborateurs, des savants - en musique sacrée, en musique ancienne, Wanda Landowska aura été son professeur de clavecin - car il n'était vraiment pas antisémite dans ses relations personnelles... ôtons les mauvais soupçons. Dans ses élèves : Le sommet de la composition moderne du pays - les Satie, les Milhaud, les Varèse... C'est une brochette que Debussy ne songera pas à avoir - cela ne l'intéressait pas - et n'aura d'ailleurs jamais.
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