Bruckner, j'en connaissais tout juste le nom. Et encore. Vaguement allemand, vaguement tardif - mais où quand comment. Si grave était mon cas. Mais que faisaient mes maîtres!
Un podcast de France Musique a éveillé ma curiosité, Barenboïm parlait de cet auteur avec vénération. La beauté même disait-il, du pur classique avec les harmonies riches de Wagner. Un extrait passait. Mais je n'en étais encore qu'aux débuts.
La neuvième poussée à fond dans les haut-parleurs de ma DS3, sous le soleil levant de la fi de l'été - une autoroute vide du côté de Vierzon - m'a envoûtée. Les sons denses et transparents, comme un fluide chaud habitant toute votre tête, les thèmes exposés comme un évidence dans un déroulement bien ordonné, les souvenirs de prière à l'église.
J'ai récemment acheté la septième par Skowaczewski - nom imprononçable que je ne retiendrai jamais - avec la London Philarmonic Orchestra. Un de ces directeurs d'antan, éclos après-guerre, que les mélomanes mes aînées connaissent depuis leur jeun âge et que je découvre.
Assister en live devait être autre chose, les trois dimensions d'une belle salle n'y sont pas vraiment lorsque je branche mon Bose. Mais cette sensation d'une courtine irisée qui change de couleur et d'épaisseur dans un continuum liquide dépasse la technique. Le fameux thème du début, ses tierces amples sur deux octaves créent l'espace - cette musique n'est pas en plate en surface, on y est immergés. La pulsation de violon - une tierce aussi, mi sol dièse - donne le temps, une énergie qui sous-tend tous les mouvements passant des violons dans l'aigu aux basses et retour. Rien n'est petit, mais rien n'est grandi-loquant non plus. Herreweghe le dit : Quoique Hitler ait détourné l'auteur de façon pompeuse, Anton, lui, écrivait tout en pianissimo, voir en trois p ou même quatre! Le deuxième thème est intense, le troisième un divertissement autrichien. Je m'aperçois avoir toujours connu l'Adagio sans le savoir - certainement Alida Valli belle et perdue dans la Lagune de Venise, l'inexorable amour jeune la consommant dans le scandale de Senso de Visconti. Pauvre damnée...Le scherzo a toute son humeur viennoise, Haydn n'aurait pas dédaigné, et le finale vif, vibrant. Les beaux cors sur la fin...
Philippe Herreweghe adore Bruckner. J'ai son bouquin. Son podcast au Matin des Musiciens est passé il y a quelques jours. Il dit percevoir dans Bruckner les névroses. Freud, son contemporain. Et à vrai dire cette courtine lumineuse semble rêvée. Bruckner aurait rêvé son propre premier thème. Là, soudain, cela devient vraiment matière vive comme de l'argent coulé.
Je regarde mon "fond" Bruckner. Il me manque la 2 et la 5. J'ai les autres dans de belles éditions de référence. A suivre. Et dans ma liste de souhaits : Les messes de Jochum, et les choeurs d'hommes composés à St Florian.
Lien de la maison d'édition
Un podcast de France Musique a éveillé ma curiosité, Barenboïm parlait de cet auteur avec vénération. La beauté même disait-il, du pur classique avec les harmonies riches de Wagner. Un extrait passait. Mais je n'en étais encore qu'aux débuts.
La neuvième poussée à fond dans les haut-parleurs de ma DS3, sous le soleil levant de la fi de l'été - une autoroute vide du côté de Vierzon - m'a envoûtée. Les sons denses et transparents, comme un fluide chaud habitant toute votre tête, les thèmes exposés comme un évidence dans un déroulement bien ordonné, les souvenirs de prière à l'église.
J'ai récemment acheté la septième par Skowaczewski - nom imprononçable que je ne retiendrai jamais - avec la London Philarmonic Orchestra. Un de ces directeurs d'antan, éclos après-guerre, que les mélomanes mes aînées connaissent depuis leur jeun âge et que je découvre.
Assister en live devait être autre chose, les trois dimensions d'une belle salle n'y sont pas vraiment lorsque je branche mon Bose. Mais cette sensation d'une courtine irisée qui change de couleur et d'épaisseur dans un continuum liquide dépasse la technique. Le fameux thème du début, ses tierces amples sur deux octaves créent l'espace - cette musique n'est pas en plate en surface, on y est immergés. La pulsation de violon - une tierce aussi, mi sol dièse - donne le temps, une énergie qui sous-tend tous les mouvements passant des violons dans l'aigu aux basses et retour. Rien n'est petit, mais rien n'est grandi-loquant non plus. Herreweghe le dit : Quoique Hitler ait détourné l'auteur de façon pompeuse, Anton, lui, écrivait tout en pianissimo, voir en trois p ou même quatre! Le deuxième thème est intense, le troisième un divertissement autrichien. Je m'aperçois avoir toujours connu l'Adagio sans le savoir - certainement Alida Valli belle et perdue dans la Lagune de Venise, l'inexorable amour jeune la consommant dans le scandale de Senso de Visconti. Pauvre damnée...Le scherzo a toute son humeur viennoise, Haydn n'aurait pas dédaigné, et le finale vif, vibrant. Les beaux cors sur la fin...
Philippe Herreweghe adore Bruckner. J'ai son bouquin. Son podcast au Matin des Musiciens est passé il y a quelques jours. Il dit percevoir dans Bruckner les névroses. Freud, son contemporain. Et à vrai dire cette courtine lumineuse semble rêvée. Bruckner aurait rêvé son propre premier thème. Là, soudain, cela devient vraiment matière vive comme de l'argent coulé.
Je regarde mon "fond" Bruckner. Il me manque la 2 et la 5. J'ai les autres dans de belles éditions de référence. A suivre. Et dans ma liste de souhaits : Les messes de Jochum, et les choeurs d'hommes composés à St Florian.
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