Le hasard des émissions de France Culture m'ont fait mettre les deux M's sacrés du vingtième siècle l'un après l'autre.
M's sacrés et pourtant pas trop. Car ils sont si peu programmés en salle. Leur sort s'inscrit dans ce moment de l'histoire, peut-être, où les compositeurs se sont peu à peu effacés dans l'imaginaire des gens : Langue savante que le commun des auditeurs ne connaît ni ne partage --- ce n'est pas celle qu'on apprend au solfège ou dans la chorale paroissiale ---, naissance du disque populaire en parallèle, publique averti détourné vers le jazz.... Ravel et Debussy, Strauss et Wagner auront été les dernières stars populaires. Dutilleux a pu décéder l'an dernier dans l'indifférence générale.
Stars pourtant. Plus faciles d'écoute que la très cérébrale second école de Vienne, malgré les dogmes Bouleziens --- raus les vieux franchouillards, drein Berg et Webern... encore plus vieux l'avons-nous jamais dit, et peut-être moins créatifs. Qui sait qui fait que la dodécaphonie s'est affirmée après la second guerre mondiale comme la seule chose qui vaille dans le panorama contemporain.
Je me suis attachée à Messiaen grâce à Darrien, de France Musique, qui par deux fois en a fait son pain lors du Matin des Musiciens. Avec Maire Vemeulen --- en filiation directe su maître via Roger Muraro --- la jeune femme a illustré les Petites Esquisses d'oiseaux et les Vingt regards sur l'Enfant Jésus. Il paraît que ces élèves accouraient aux leçons d'analyse de Messiaen, quitte à moquer ses bizarreries depuis le mysticisme jusqu'à l'amour des moneaux et autres rossignols. Messiaen écrit en modes, il n'est pas fan de la dodécaphonie, et ne se gêne pas pour écrire quelques pages tonales si cela lui chante.
J'ai donc les Préludes et les Petites Esquisses par Vermeulen, et les Vingt Regards par Muraro. Je les écoute petit à petit, sans négliger les explications du maître même qui éclaire une matière complexe.
Milhaud, franchement, c'est plus facile, plus exubérant. Il ne s'embarrasse pas de snobisme pour puiser dans le folklore, dans les marimbas brésiliennes comme dans le jazz entre deux guerres. Secrétaire de Claudel, il le suit en ambassade au Brésil, puis écrit le Boeuf sur le Toit sur un sujet de Cocteau. Sa suite française date de 1944, l'année des Vingt Regards de Messiaen. A-t-on oublié cette année de fin de guerre --- Milhaud encore en exile en Amérique, Messiane mal vu par les pétainistes.
J'ai un très bel enregistrement de la Bayerische Rundunk avec Celibidache avec son concerto pour marimba --- délicieux ! --- et sa suite française. Un bel Alexandre Tharaude avec Saudades do Brail en piano --- et la Muse ménagère, et autre.
Découverte récente, à ré-écouter encore et encore --- un monde imaginaire et spirituel riche dont je ne vois que le début après des longues années d'ignorance.
M's sacrés et pourtant pas trop. Car ils sont si peu programmés en salle. Leur sort s'inscrit dans ce moment de l'histoire, peut-être, où les compositeurs se sont peu à peu effacés dans l'imaginaire des gens : Langue savante que le commun des auditeurs ne connaît ni ne partage --- ce n'est pas celle qu'on apprend au solfège ou dans la chorale paroissiale ---, naissance du disque populaire en parallèle, publique averti détourné vers le jazz.... Ravel et Debussy, Strauss et Wagner auront été les dernières stars populaires. Dutilleux a pu décéder l'an dernier dans l'indifférence générale.
Stars pourtant. Plus faciles d'écoute que la très cérébrale second école de Vienne, malgré les dogmes Bouleziens --- raus les vieux franchouillards, drein Berg et Webern... encore plus vieux l'avons-nous jamais dit, et peut-être moins créatifs. Qui sait qui fait que la dodécaphonie s'est affirmée après la second guerre mondiale comme la seule chose qui vaille dans le panorama contemporain.
Je me suis attachée à Messiaen grâce à Darrien, de France Musique, qui par deux fois en a fait son pain lors du Matin des Musiciens. Avec Maire Vemeulen --- en filiation directe su maître via Roger Muraro --- la jeune femme a illustré les Petites Esquisses d'oiseaux et les Vingt regards sur l'Enfant Jésus. Il paraît que ces élèves accouraient aux leçons d'analyse de Messiaen, quitte à moquer ses bizarreries depuis le mysticisme jusqu'à l'amour des moneaux et autres rossignols. Messiaen écrit en modes, il n'est pas fan de la dodécaphonie, et ne se gêne pas pour écrire quelques pages tonales si cela lui chante.
J'ai donc les Préludes et les Petites Esquisses par Vermeulen, et les Vingt Regards par Muraro. Je les écoute petit à petit, sans négliger les explications du maître même qui éclaire une matière complexe.
Milhaud, franchement, c'est plus facile, plus exubérant. Il ne s'embarrasse pas de snobisme pour puiser dans le folklore, dans les marimbas brésiliennes comme dans le jazz entre deux guerres. Secrétaire de Claudel, il le suit en ambassade au Brésil, puis écrit le Boeuf sur le Toit sur un sujet de Cocteau. Sa suite française date de 1944, l'année des Vingt Regards de Messiaen. A-t-on oublié cette année de fin de guerre --- Milhaud encore en exile en Amérique, Messiane mal vu par les pétainistes.
J'ai un très bel enregistrement de la Bayerische Rundunk avec Celibidache avec son concerto pour marimba --- délicieux ! --- et sa suite française. Un bel Alexandre Tharaude avec Saudades do Brail en piano --- et la Muse ménagère, et autre.
Découverte récente, à ré-écouter encore et encore --- un monde imaginaire et spirituel riche dont je ne vois que le début après des longues années d'ignorance.
